A la une
GLAMORAMA
Par quel sorte de programme médiatique en sommes-nous arrivés là ? Est-il sain et heureux de voir que les médias et certains magazines carburent à la glorification starisante et l’épanchement people au risque de tutoyer le néant ?
Le problème qui se pose avec la généralisation des images donnant à voir silhouettes glamours et ravalements de surface tient à une équation assez simple : la menace de voir un modèle de vacuité grignoter les marges et formater le tout dans un politiquement correct généralisé.
Et la question : que peut bien encore cacher une rencontre avec, au hasard, le franc-tireur Jude Law ou encore la subversive Marion Cotillard ? Si ce bon vieux Hitchcock considérait ses acteurs comme du bétail, certains magazines de cinéma en font leur pain béni pour bien masquer l’entreprise jetable à laquelle ils se livrent chaque mois.
L’autre penchant de cette tendance réside dans la qualité amoindrie des films, desservis par ce virus promotionnel. A ce jour, l’usage de la technologie princière ne semble guère inviter à creuser la surface (Alice au pays des Merveilles). De même, la tendance au casting 4 étoiles (voir l’abominable Nine) finit par resservir les mêmes registres d’acteurs jusqu’à les vider de leur singularité et empêcher l’émergence de nouvelles têtes. Tout cela ne prédestine donc qu’à la répétition du Même et l’uniformisation d’images rendues sous une mécanique du creux où plus rien ne dépasse. Babel refuse ce jeu-là. On y préférera toujours une méfiance quant à la pensée commune et des propositions qui ne s’emmerdent pas à caresser leur public dans un confort distrait (de ce point de vue la puissance de Mammuth est palpable).
La carrière de Roman Polanski est en cela emblématique tant se cachent derrière son cinéma une fureur rugueuse et un goût de l’absurde jamais contaminés par la normalisation. Le cinéaste n’a jamais eu la vie facile. Sans déculpabiliser ses actes, son parcours montre aussi comment l’intransigeance artistique, la nature imparfaite de l’homme et sa vision déformée de la réalité ne sont pas les bienvenus ici-bas.
Enfin et pour ne pas trop s’enfermer dans de trop amères déconstructions, les « ghost writers » de Babel ont pu, ces derniers mois, s’enthousiasmer pour l’esprit dégradé de Nicolas Cage (Bad Lieutenant), des héros en apparence sans grand pouvoir (Kick-Ass) et d’autres expériences cinématographiques dignes de ce nom. Loin du glamour donc et toujours plus près de l’écran…
Mardi 27 avril 2010, par
Actualités
Sex and the City 2
Mercredi 23 juin 2010, par // Kultuur du navet
« Pas besoin de mecs et de shopping, on est des âmes sœurs » Salut les filles ! Franchement j’ai failli me mettre en retard pour vous. Déjà j’ai dû pousser 500 mètres en talons jusqu’au vulgaire ED car, depuis Cannes (Mon dieu quelle merveille !), mon point de ralliement avec les bitches du quartier (Shopi) a été remplacé par Monop’City. D’effroi, j’en ai cassé mon ongle. Note : faudra que je prenne une aprèm pour étudier les crèmes qu’ils ont. Même si je sais qu’avec ma carte rose pailletée du club Sex (...) Lire la suite »
Année Bissextile
de Michael Rowe
Mercredi 23 juin 2010, par // Aktus
Australien exilé au Mexique, Michael Rowe a d’abord fait ses armes au théâtre et se décrit comme dramaturge avant tout. Passé à la caméra très tard, il a présenté à la quinzaine des réalisateurs un huit-clos masochiste et radical lors d’une séance aussi marquante que réfrigérante. Immigrée mexicaine partie tenter ses piges de journaliste à Mexico, Laura est une femme boulotte qui ne roule pas mais stagne sans amis (mais avec moult spaghettis) sur son canapé et entre les parois de sa vacuité cafardeuse. De (...) Lire la suite »
New-York = Nouvelle-Angleterre ? (première partie)
Le psychédélisme pour les nuls
MGMT – "Congratulations" (Sony Music, 2010)
Mercredi 23 juin 2010, par // Musique
Sous le saint patronage de Brian Eno, MGMT et James Murphy passent David Bowie, Pink Floyd et les Beatles à la moulinette postmoderne. Emprunts éhontés et pastiches amoureux à tous les étages… Mais pour quoi faire ? Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden avaient surpris leur monde en 2007 avec la poignée de tubes ravageurs (dont l’imparable « Electric Feel ») d’Oracular Spectacular. Un peu vite (...) Lire la suite »
Crazy Night
Good night and good luck
Mercredi 23 juin 2010, par // Aktus
« Couple banal du New Jersey » comme ils se définissent eux-mêmes, Steve Carell et Tina Fey étouffent dans leur vie familiale et n’ont plus une seconde à eux. Un soir de sortie, alors qu’ils sont enfin seuls en amoureux, ils se font passer pour un autre couple afin d’avoir une table dans un nouveau restaurant huppé de Manhattan. C’est le début des ennuis… Le réalisateur de La Nuit au Musée, Treize à (...) Lire la suite »
Aux héros ordinaires
"L’Épine Dans Le Cœur" de Michel Gondry
Mercredi 23 juin 2010, par // Aktus
On a assez facilement rangé Michel Gondry dans la case cinéaste bricolo et naïf, maître de l’innovation formelle avec trois bouts de ficelle. S’il grouille de petites animations et inventions amusantes (confectionner des costumes d’invisibilité pour les enfants en jouant de la technique de l’incrustation d’image par exemple), son nouveau film arrive à point pour chasser une vision trop réductrice de (...) Lire la suite »
Nouvel article
Mardi 15 juin 2010, par // Edito
Green Zone
Massive attack
Jeudi 10 juin 2010, par // Aktus
Vendu comme un pur « actioner » à la Jason Bourne, ce retour du trio gagnant Universal/Greengrass/Damon adapte les écrits d’un journaliste du Washington Post ayant couvert la guerre en Irak. Mais ce blockbuster de 100 millions de $ est plus proche du film d’espionnage sur fond de guerre que du film d’action, naviguant sur une double et captivante trame enquête/traque. Le dialogue prend le pas sur (...) Lire la suite »
In The Loop
d’Armando Ianucci
Lundi 31 mai 2010, par // DVD
Londres, réunion de conseil guindée. Filmage posé d’une cérémonie obéissant à sa mécanique huilée, le conseil qui se réunit là dévoile un protocole très hiérarchisé. Relégué à l’arrière plan, l’ambitieux ministre du développement international, Simon Foster, se lève, brise le cérémonial et commet une énième bourde en voulant formuler et poétiser une énième fois l’épineuse question de l’intervention anglaise en (...) Lire la suite »





